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LA VERITE SUR LES COMPAGNIES PHARMACEUTIQUES Comment elles nous trompent comment les contrecarrer. Marcia ANGELL
Les éditions le mieux-être. Editions canadiennes, le livre n'est pas évident à trouver. Je l'ai acheté à l'Appel du Livre qui vend aussi par correspondance. http://www.appeldulivre.fr/cgi-bin/adl/index.html (lien non fonctionnel, à copier/coller)
L’auteure
Fut rédactrice du New England Journal of Medicine, un des journaux médicaux de références aux Etats-Unis. Elle nous livre les combines et les mensonges de Big Pharma. Si une part notable du texte se base sur des particularités qui n'existent qu'aux Etats-Unis, il est facile des les extrapoler pour la France.
Les affirmations qu'elle démonte
1. La mise au point de nos médicaments coûte cher, très cher.
Le chiffre que l'industrie pharmaceutique avance est de 802 millions de dollars nécessaires, en moyenne, pour mettre au point un nouveau médicament , mais il est contestable sur un nombre de points : En premier lieu ce chiffre calculé à partir de données fournies par l'industrie elle-même, sans que l'on puisse les vérifier, à partir du coût de développement de 68 médicaments nouveaux, sans que l'on sache lesquels. Il faut donc les croire sur parole. Le poste comptable Recherche et Développement est totalement opaque et inclut des éléments qui n'ont rien à voir avec la recherche, plutôt avec le marketing, ce dernier frisant parfois l'offre de corruption. Toutefois, on sait que ces médicaments sont des nouvelles molécules entièrement développées au sein des compagnies. Le coût de ces médicaments originaux est évidemment élevé mais ces nouvelles molécules ne sont qu'une (petite) partie de ce que les compagnies commercialisent. Ils tentent de faire passer un prix de revient maximum pour un prix moyen. Dans ces 802 millions de dollars les auteurs incluent 403 millions de dollars qui incluent "... les revenus que les firmes auraient pu espérer si elles avaient investi, sur le marché des actions de Wall Street, l'argent qu'elles avaient dépensé en R&D" (p 75). Ce chiffre est calculé avant impôts, ce qui dans le cas présent n'est pas rien car : " ... les dépenses de R&D sont entièrement déductibles."(p 76). Si bien que, après réajustement, on passe de 802 millions de dollars à 266 millions, ce uniquement pour les médicaments les plus chers : ceux totalement développés en interne. Une autre estimation est faite par une association de consommateurs "Public citizen", conclut à un prix moyen de 100 millions de dollars, et c'est le chiffre auquel l'auteure adhère.
2. Nous produisons des médicaments innovants et salvateurs.
M. Angell nous montre qu'il n'en est rien : De 1998 à 2002, 415 médicaments ont été homologués par la FDA, parmi eux 133 étaient des médicaments des nouveautés, les autres uniquement des variations sur des molécules anciennes. Parmi ces 133, seuls 58 ont été considérés par la FDA comme porteurs de potentialité supérieures au traitements présents sur le marché soit 12 par an. Parmi ces derniers, elle remarque que leur nombre décroît d'année en année, et que de moins en moins proviennent des firmes de Big Pharma, et parmi elle les américains sont à la traîne : "... en 2002, bilan plus mince encore, seulement trois des sept médicaments étaient issus [de ces firmes] ... Rien en provenance des géants américains." (p 85)
3. Les médicaments que nous produisons sont supérieurs aux anciens.
Rien de moins certain : l'homologation de nouveaux médicaments se fait à la vue d'études cliniques qui comparent la nouvelle molécule à un placebo et non pas aux médicaments déjà existants : "... (la FDA) ... demande seulement la preuve que la molécule est supérieure au placebo dans seulement deux essais cliniques, même si elle ne l'est pas dans d'autres essais." (p 133) Une étude clinique (ALLHAT) a comparé plusieurs médicaments modernes contre la tension à un médicament vieux de 5O ans : "Les résultats renversants ont été rapportés en 2002 dans le Journal of the American Medical Association (JAMA). A la surprise presque générale, la vieille molécule diurétique s'est avérée aussi efficace pour abaisser la pression artérielle et meilleure pour la prévention des complications dévastatrices de l'hypertension artérielle - principalement les maladies cardiaques et les accidents vasculaires cérébraux".(p 121)
Ces questions n'épuisent pas le livre qui : Montre que l'industrie pharmaceutique fait son beurre en recyclant les restes, en copiant les molécules ancienne, les modifiant de manière minime et les faisant passer pour des révolutions thérapeutiques qu'elles vendent à un prix astronomique et non justifié. Pointe l'opacité comptable des firmes qui permet toutes les manipulations. Met en évidence la faiblesse de la FDA, organisme étatique censé protéger le consommateur. Faiblesse budgétaire publique, irruption des financements provenant des compagnies qu'elle est censée contrôler, noyautage par des personnes favorables à Big Pharma. Fait un état des pratiques de marketing et d'éducation utilisées pour séduire, voire corrompre les médecins. Propose des pistes pour faire cesser ces abus.
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