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QUELQUES MENSONGES DE LA MEDECINE ©
de Pascal GILBERT

Toute possibilité de comprendre s'enracine dans la capacité de dire non. ( S. Sontag )

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RESUME DU TEXTE DU LIVRE

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Nous avons tendance à faire l'équivalence entre médecine et santé alors que de nombreux paramètres influent sur cette dernière d'une manière plus importante que les soins médicaux (1). Ce sont eux que nous étudierons ici.

  1. La nourriture
  2. L'eau potable
  3. L'éducation
  4. La violence humaine
  5. Le traitement des eaux usées d'origine humaine
  6. Les dangers de l'eau douce
  7. Le système de collecte des ordures
  8. Conclusion partielle sur la place de la médecine sur la santé
  9. La dette des pays pauvres
  10. Les transports et les voyages
  11. La pollution technologique et industrielle
  12. Le travail
  13. Hygiène de vie, les deux glorieuses : l'alcool et le tabac
  14. Les accidents
  15. Les conditions de vie
  16. La médecine et les soins
  17. Conclusion

 

1. La nourriture

La malnutrition, aiguë ou chronique, est encore le lot de 850 millions d'êtres humains, et l'on peut estimer à 24000 le nombre de personnes qui meurent de faim chaque jour, soit près de 9 millions de décès par an.
Il n’est pas besoin de discourir sur des pages entières pour voir que, sans nourriture, il n’y a pas de santé. Il n’y a que la maladie et la mort. La pérennisation de cet état de fait est l’un est des scandales de notre époque.
En France, durant la campagne 2005/2006 les Restaurants du Coeur ont distribué 70 millions de repas.
Que faisons nous ? Pas ce que nous avions écrit : l'engagement du Sommet contre la faim de 1996 était de "réduire de moitié le nombre des personnes sous-alimentées d'ici 2015 au plus tard." Ce ne sera pas fait.

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2. L'eau potable

Plus d'un milliard d’hommes n’ont pas accès à une source d’eau potable de manière totale ou partielle, alors que tous les responsables politiques savent, et disent, que l’accès à l’eau est le socle indispensable pour rompre le cycle de la pauvreté et de la maladie.

L’eau non potable est responsable de deux types de pathologies :

  • des maladies infectieuses : essentiellement les diarrhées responsables de 2,2 millions de morts en 2001, la plupart étant des enfants de moins de cinq ans
  • des intoxications par les métaux lourds et les metalloïdes : plomb, arsenic, fluor…

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3. L'éducation

" Pour construire une nation, construisez une école ".

Au-delà du développement économique et social, l'éducation élémentaire, au moins lire et écrire, permet à l'individu de mieux gouverner ses choix et d'assurer la pérennité du savoir en passant de la civilisation de l'oral à celle de l'écrit. L'éducation des femmes tient une place particulière dans la problématique, c'est pourtant elle la plus négligée, la plus combattue.
L'éducation est le moteur indispensable qui permet à l'individu de se libérer des oppressions religieuses et sociales.

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4. La violence humaine

Son expression ultime est la guerre mais la violence s'exerce déjà dans les intégrismes qui bafouent les droits élémentaires de la personne humaine. Si l'on peut respecter le sentiment religieux, on ne peut qu'être révulsé par l'exploitation des paroxysmes de ce dernier qui, historiquement, semblent bien ne résulter que la volonté de puissance d'individus douteux accrochés à maintenir et étendre leur pouvoir.
Je parle aussi de la nouvelle forme de violence institutionnelle, ou de sa résurgence, qui fait que des populations civiles sont prises en otages ou sont systématiquement visées dans le cadre de conflits, qu’ils soient entre les nations ou à l’intérieur de celles-ci. Darfour, Soudan, Rwanda, Cambodge, bien évidemment mais aussi ex-Yougoslavie…
La corruption des classes politiques est un facteur dans certains pays du monde où les politiciens se comportent comme des mafieux mettant le pays en coupe réglée, entretenant des conflits internes ou externes pour justifier l’utilisation d’une force armée camouflant, à peine, son rôle de milice à la solde du pouvoir.

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5. Le traitement des eaux usées d'origine humaine

L'absence de « tout à l'égout » permet la pérennisation de parasitoses extrêmement graves qui se transmettent par les excréments. L'une d'elles, l'ankylostomiase, parasitose anémiante, touche plus du milliard d'êtres humains.

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6. Les dangers de l'eau douce

L'eau douce est le vecteur, ou le support, de nombreuses maladies infectieuses et parasitaires : le paludisme, l'onchocercose (deuxième cause de cécité dans le monde), la bilharziose, la dengue...

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7. Le système de collecte des ordures

Les ordures ménagères qui ne sont pas convenablement collectées puis traitées sont un facteur de pullulation d'animaux porteurs de pathologies : le rat et sa puce, vecteur de la peste, en sont les icônes.

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8. Conclusion partielle sur la place de la médecine dans la santé

L'exposé permet de pointer que l'absence de santé était, au premier chef, la résultante de facteurs qui ne dépendent pas du niveau de soins disponibles.

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9. La dette des pays pauvres

Même si des annulations de la dette ont été décrétées récemment il y a encore du mieux à faire. Le service de la dette, comme l'on dit pudiquement, est un gros consommateur de ressources qui seraient mieux utilisées autre part.

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10. Les transports et les voyages

Les voyageurs ne sont pas toujours des gens en bonne santé, et les agents pathogènes peuvent aussi transiter par les objets et les animaux.

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11. La pollution technologique et industrielle

La présence de polluants retentit de manière évidents sur la santé : la pollution atmosphériques des grandes villes, celle des mers par les dérivés organiques du mercure, celle liée aux sites industriels tel l'emblématique usine de Noyelles-Godault, sont les trois exemples que j'ai choisis. J'en ai laissé une multitude de coté.

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12. Le travail

Plus de deux cent cinquante millions d'enfants de 5 à 14 ans travaillent dans le monde, la moitié le font à plein temps, ne sont donc pas scolarisés. Vivant majoritairement dans les pays pauvres ces enfants voient leur santé et leur vie menacées au présent, et leur avenir bouché par l'absence d'éducation.
Les conditions de travail génèrent des pathologies chez nous aussi : l'amiante (utilisée jusqu'en 1997 alors que sa nocivité était déjà dénoncée en 1906), les accidents de travail que l'on cherche à occulter, les maladies professionnelles sous déclarées, l'exposition aux cancérigènes dont les conséquences ne sont pas chiffrées.

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13. Hygiène de vie, les deux glorieuses : l'alcool et le tabac

Les coûts induits par l'alcool dépassent très largement les recettes que les taxes rapportent.

  • le coût social de l'alcool est estimé à 115 milliards de francs,
  • le traitement des maladies liées à l'alcool à 65 milliards de francs,

Les droits spécifiques sur les boissons on rapporté 16 milliards 185 millions de francs à l'Etat pour l'année 2000, tandis que la "vignette Sécurité Sociale" s'élevait à 2,4 milliards de francs.

Le tabac fait mieux que la pollution atmosphérique : 65 000 mille morts par an en France en 1995 :

  • plus de 30 000 morts par cancers : poumons, voies aérodigestives supérieures (bouche, larynx...), vessie, œsophage.
  • 15 000 par maladie cardiovasculaire : coronaropathies, accident vasculaire cérébral...
  • 11 000 par maladie pulmonaire non cancéreuse : emphysème, bronchite chronique,
  • 3500 autres causes.

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14. Les accidents

On pense en premier aux accidents de la route, mais il ne faut oublier les accidents domestiques (plus de 18000 morts en 1997) qui touchent principalement les personnes âgées.

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15. Les conditions de vie

Je cite le fait de vivre à Harlem où l'espérance de vie est inférieure à celle du Bangladesh, l'intoxication des enfants par le plomb où la responsabilité des pouvoirs publics est prédominante, la pollution aérienne domestique dans les pays pauvres.

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16. La médecine et les soins

L'efficacité de la médecine est indéniable, vouloir le nier serait stupide. Cette efficacité est un phénomène récent qui a des conséquences sur les représentations anthropologiques de la maladie, de la santé, et qui modifie le rapport de l'individu au monde,
Toutefois cette efficacité est dépendante du domaine où l'on se place et du contexte social où le médecin agit : réhydrater un nourrisson mourant dans un pays ravagé par la guerre est de peu de poids si l'on n'agit pas sur les conditions qui l'on mis dans cet état.
J’ai, aussi, fait porter mon questionnement sur la réalité de l'efficacité claironnée des traitements du diabète non insulinodépendant et des maladies causées par l’hypercholestérolémie, deux phares de notre début de siècle. Et les résultats ne furent pas à la hauteur de ce que l’on dit de manière habituelle.

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17. Conclusion : hiérarchiser l’utilité de la médecine dans les pratiques qui concourent à la santé

Si, dans ce chapitre, j’ai émis des réserves sur l’utilité ultime ou première de la pratique médicale, ce n'est pas pour faire un nihilisme antimédical de principe, mais pour dire qu’il n’y a rien d’évident ou si peu, qu’il faut questionner ce que nous, médecins, faisons. Ce questionnement doit être le fait des médecins et des citoyens, c’est là le plus important : que chacun ose poser les questions et se donne les moyens d’y répondre.

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1 - L'Organisation Mondiale de la Santé définit cette dernière comme étant "un état complet de bien-être physique, mental et social, et ne consiste pas seulement en une absence de maladie ou d'infirmité." Leriche énonce : "La santé c'est la vie dans le silence des organes". Deux approches totalement différentes du même concept, nous développerons notre point de vue ailleurs, ici nous nous référerons à l'idée implicitement contenue en creux dans le terme : la santé est ce qui n'est pas maladie, pas souffrance. -retour

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