- Les outils
- Les résultats
Pour contrebalancer les risques d'une information biaisée, en particulier par les fabricants de médicaments, les responsables politiques ont voulu doter la Santé Publique de structures capables d’élaborer des outils pour les médecins. L'objectif est d’offrir au praticien une synthèse de ce qui se sait sur un sujet, de faire pour lui les recherches bibliographiques et l’analyse des articles pour en tirer une vérité sur laquelle il pourra appuyer sa pratique. En France ce rôle était dévolu à l'ANAES, maintenant englobée dans la HAS (Haute Autorité de Santé).
1 - Les outils
Il sont au nombre de deux : la Conférence de Consensus et les Recommandations. La première fait le point sur un sujet relativement général, où il existe une controverse, dans le but d'arriver à une solution médiane. Les secondes s'intéressent à des sujets plus techniques et font le point de la connaissance scientifique sur un thème. Ce sont surtout ces dernières qui nous intéressent.
La méthodologie, la gradation des Recommandations
Les Recommandations sont écrites par des experts qui font la synthèse et le tri de la littérature. En effet, si les publications sont souvent abondantes, leur qualité est inégale. Cette manière de faire permet de donner une valeur, un grade aux différents items de la recommandation. Les différents niveaux de preuves sont les grades A, B et C où le A correspond aux données le moins sujettes à discussion. En dernier lieu, lorsqu'il n'y a rien de démonstratif dans la littérature médicale (ce qui ne veut pas dire qu'il n'y ait rien de publié, mais rien de valable sur le plan scientifique) la recommandation est le reflet d'un accord professionnel fort.
L'accord professionnel fort
Ce dernier exprime une opinion quasi unanime des professionnels. Ce qui en fait un concept qui repose essentiellement sur l’argument d’autorité : une idée sera d'autant plus facilement déclarée vraie que ceux qui l'énoncent sont nombreux et haut placés dans la hiérarchie. Je doute de la pertinence automatique de l'accord professionnel fort.
L'indépendance des experts
C'est un point qu'on ne peut éluder, particulièrement vis-à-vis de l’industrie pharmaceutique grande pourvoyeuse de fonds par le biais d’études plus ou moins sérieuses, de bourses d’études, des remboursements de frais de congrès, etc. En France, ce n'est que depuis 2004 que les participants aux travaux de l'ANAES/HAS ont l'obligation de signer un document attestant leur indépendance, ainsi que celle de leurs proches, vis à vis des "organismes ... qui pourraient être affectés par les conclusions des travaux du groupe".
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2 - Les résultats
Nous verrons, au chapitre concernant le diabète non insulino dépendant et à celui sur le cholestérol que ce qu'a écrit l'ANAES, puis l'HAS, est infondé, erroné. Si bien que l'on voit que la labellisation des recommandations par l'ANAES/HAS n'est pas automatiquement synonyme d'exactitude, même pour des fondamentaux comme le cholestérol ou le diabète non insulino-dépendant. Vu qu'elle prétend écrire la "vérité médicale", la constatation de faiblesses doit inquiéter.
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