Ce livre raconte quelques mensonges de la médecine moderne.
Après vingt ans d'exercice de la médecine générale je suis en colère car j'ai acquis la conviction que ce magnifique édifice est parfois utilisé de manière dévoyée. Je m'indigne que des multinationales fassent des profits éhontés en vendant de la poudre de perlimpinpin à prix d'or. Je m'inquiète du pillage des ressources publiques qui en résulte, pillage qui compromet l'avenir des soins.
La médecine moderne est une pratique triomphante : il y a peu, on pouvait mourir d'une pneumonie ou d'une appendicite. Elle est auréolée à juste titre de ses succès, que ce soient les antibiotiques, l'anesthésie, l'imagerie médicale... Encore plus important, ces progrès furent accessibles à tous grâce aux lois de protection sociale.
Cette médecine nous a tellement ébloui par ses indéniables succès et par ses prouesses techniques, que la société a oublié de regarder avec un œil critique ce qu'elle lui offrait, enfin lui faisait payer. Par exemple, les médicaments contre le cholestérol représentent, en France, une dépense annuelle de l'ordre du milliard d'euros alors que leur efficacité est minime, voire nulle, pour environ la moitié de la population adulte : les femmes ; et n'est pas énormément plus évidente pour les hommes.
Vingt ans de pratique de la médecine générale m'ont permis de vivre la face humble et quotidienne de cette médecine : je suis celui qui prescrit le médicament qu'il faut prendre pour soigner le diabète, le colon capricieux, pour empêcher l'entartrage de l'artère coronaire par le cholestérol sournois.
Mais je suis aussi celui qui s'est mis à douter de l'efficacité réelle de ce qu'il faisait. La médecine quotidienne était-elle un édifice solide ou un agrégat d'approximations ? Quelle santé vise la médecine ? La sienne propre ou celle des malades ? J'ai décidé d'aller voir.
Je n'ai pas fait un tour complet de la médecine mais ce que j'ai pu constater est souvent pire que je l'imaginais. Lorsque l'on se penche sur l'édifice on découvre des faiblesses qui remettent en question bien des dogmes. La vérité médicale, formalisée par les conférences de consensus, n'est pas aussi indiscutable qu'on pourrait l'espérer. Le traitement du diabète non insulinodépendant, celui de l'hypercholestérolémie sont des gouffres financiers qui accouchent de minuscules progrès thérapeutiques. La prévention qui résulte des examens systématiques de santé sponsorisés par l'Etat n'est que peanuts, avec toutefois un prix au kilo de la cacahouète qui laisse pantois.
Pour le diabète non insulinodépendant par exemple, on s'aperçoit que le dernier médicament, prescrit par le grand professeur, n'a pas encore fait les preuves de son efficacité, ou que les médicaments classiquement dits efficaces ne le sont que très peu, et que pour justifier ces prescriptions on a bricolé ou ignoré la vérité expérimentale.
Ce livre est une remise en question de l'édifice médical. La médecine moderne se prétend une science mais l'est-elle ou pas ? La tricherie, la manipulation sont-elles marginales ou monnaie courante ? Pour les quelques domaines où j'ai mis mon nez il m'est apparu que le patient était le gogo, que la société payait, cher, des potions annoncées comme magiques.
Le plan de mon travail est le suivant :
Approche des déterminants de la santé, ces paramètres qui la facilitent ou la dégradent. Mise en perspective de la médecine dans la survenue et le maintien de cette même santé.
- Retour sur les bases scientifiques de la médecine.
- Lecture critique des pratiques de dépistage et de prévention, y compris celle, institutionnelle des examens quinquennaux dits de santé.
- Evocation de la manière inadaptée dont la médecine générale est enseignée.
- Etude de l'information dont dispose le médecin pour asseoir sa pratique. Où l'on voit que la majorité de la presse médicale est au main de firmes ayant des liens forts, et fortement revendiqués, avec les laboratoires pharmaceutiques.
- Examen des thérapeutiques de deux grands chapitres de la pathologie : le diabète non insulinodépendant et le cholestérol. Pour se rendre compte que l'effet de celles-ci est, quand il existe, minime.
- Evocation de trois domaines dont les traitements pourraient être examinées de la même manière (maladie d'Alzheimer, hypertension artérielle et sclérose en plaque).
- Après avoir constaté que les faits sont manipulés nous essaierons de dégager les causes de cet état de fait. Au total on s'apercevra que la médecine peut non seulement ne pas être triomphante mais qu'elle peut mentir pour le cacher. Ce mensonge n'est pas gratuit : il profite aux firmes pharmaceutiques, à l'establishment médical et coûte à la société.
- Puis je proposerai des solutions pour assainir la situation, permettre au groupe social de reprendre le contrôle sur cette médecine qui roule plus à son propre profit qu’à celui de la santé.
- Pour terminer je proposerai une approche de l’idée de Santé, de son contenu avec l’objectif de donner à chacun l’envie de se la réapproprier.
Notre système de protection sociale vacille, la dégradation de l'institution devient de plus en plus visible, l'argent manque pour assurer le quotidien et préparer l'avenir. Pourra t-on demain mourir à nouveau de pneumonie ou d'une appendicite ? Il convient d'être particulièrement vigilant et de veiller à ce que les choix se fassent de manière objective.
Ce livre est ma contribution au débat.
Avertissements
J'ai commencé à écrire ce livre en 2003, l'ai présenté à la publication sans succès en 2004-2005. J'ai entrepris le travail pour sa publication sur le Web en août 2006. A cette occasion j'ai fait une relecture et essayé d'actualiser mon texte lorsque cela était possible. En particulier j'ai vérifié toutes les adresses Web que j'ai citées en insérant la date où je les ai visitées ou vérifiées (vu le ...). Il est toutefois possible que certaines m'aient échappées. Par ailleurs certaines adresses ont disparues, où je ne les ai pas retrouvées, les organismes ayant remodelé leur site, je le signale aussi.
Il est probable que des malades, diabétiques ou autres, doutent en me lisant et envisagent d’abandonner leur traitement. S’il tel est leur désir, je les renvoie à leur médecin pour qu’ils en discutent. Mon travail est une approche théorique globale dont les données ne peuvent pas être transposées de manière immédiate à chaque individu.
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